Préparer sa succession est avant tout un acte de prévoyance, nous voulons que nos biens soient transmis à nos héritiers dans les meilleures conditions possibles.
Mais une succession mal préparée, ou pas préparée, peut conduire à des situations difficiles, voire catastrophiques (situation précaire du conjoint survivant, vente d’un bien pour régler les droits de succession, conflit familiaux…), qu'il serait souvent possible d'éviter, ou tout au moins, d'atténuer.
Préparer sa succession, ce n'est pas seulement envisager de transmettre son patrimoine après son décès, mais c'est aussi mettre sur pied une transmission anticipée de ses biens, de son vivant.
C’est également l’occasion de réfléchir à la composition de votre patrimoine (qui constituera l’actif successoral) et éventuellement à l’aménagement de votre régime matrimonial.
Régime matrimonial
Le droit des régimes matrimoniaux constitue l'une des composantes essentielles du droit patrimonial de la famille.
Il est donc fondamental que votre régime matrimonial soit adapté à votre situation patrimoniale et familiale.
Les besoins de la famille évoluent au fil du temps, et un régime matrimonial approprié au début de votre mariage peut apparaître totalement inadapté au fil des ans.
Adapter son régime matrimonial permet de protéger le conjoint : en effet, selon la nature du régime celui-ci se trouvera en concurrence plus ou moins importante avec les enfants.
Cela permet également d’optimiser la fiscalité successorale.
Mettre tous les biens en communauté
Le régime le plus favorable au conjoint survivant est celui de la communauté universelle, avec clause d’attribution intégrale au survivant
Tous les biens propres à chaque époux deviennent communs.
Ainsi en cas de décès d’un époux, l’ensemble des biens ira au conjoint survivant sans avoir à payer de droits de succession
La fiscalité successorale sera en revanche très défavorable aux enfants, qui devront alors attendre le décès du second conjoint pour hériter et ne bénéficier que d’un seul abattement.
Pour limiter ces désagréments, il est possible de prévoir une clause d'attribution intégrale du seul usufruit au conjoint survivant.
Ce mécanisme ayant pour effet de vider de sa substance le patrimoine successoral, il convient d’être prudent afin d’éviter une action des héritiers qui se sentiraient dépossédés (action en retranchement au profit des enfants d’un premier lit)
Ne mettre que quelques biens choisis ou un seul bien « en communauté »
Il peut être également intéressant si vous êtes en régime de séparation de bien, d'inclure une société d'acquêts.
La société d'acquêts est une clause particulière du contrat de mariage qui permet aux époux (en séparation de bien) de soumettre certains biens à une "communauté sur mesure" : les époux créent une communauté limitée à certains biens déterminés par eux (résidence principale, portefeuille titre …) On peut y adjoindre une clause de préciput.
Les avantages matrimoniaux
Elle offre au conjoint survivant la possibilité de prélever sur la communauté (ou la société d’acquêts), avant tout partage, des fonds ou des biens déterminés, en usufruit ou en pleine propriété, sans devoir indemniser la communauté.
- La clause de partage inégal :
C’est un autre moyen d’avantager le conjoint survivant de façon adaptée à chaque situation. Il est prévu qu’en cas de décès, le conjoint survivant aura droit une fraction (exemple: deux tiers ou trois quarts) de l’actif de communauté, différente de la moitié légale.
L'attribution inégale peut être réalisée en pleine propriété ou en usufruit seulement.
Ces aménagements constituent un changement de régime matrimonial, soumis à certaines formalités
• la rédaction d'un acte notarié établissant la modification du régime matrimonial ;
• une requête faite par un avocat auprès d'un juge du Tribunal de Grande Instance du lieu de résidence ;
• l'insertion dans un journal d'annonce légale du ressort du tribunal saisi de la demande de changement ;
La loi du 23 juin 2006 ne soumet les changements de régimes matrimoniaux à l’homologation du tribunal que lorsque l’un ou l’autre des époux a un ou des enfants mineurs (et en cas d’opposition des enfants majeurs de chaque époux et des créanciers)
SUCCESSION
Le droit de la famille est une matière très complexe qui s’articule autour de la notion de réserve héréditaire: vous n’êtes pas libre de donner la totalité de votre patrimoine à la personne de votre choix !